Une
nouvelle étude basée sur des chiffres
de Statistiques Canada vient d'être publiée
sur le temps consacré par les parents aux tâches
domestiques, à l'éducation et autres aspects
de la vie familale.
Selon
l'étude ''Le temps parental à l'horizon
2020'', les hommes -comme les femmes- consacrent
de moins en moins de temps aux tâches domestiques
depuis 1998. La plus grandes surprise, c'est que les
hommes ont diminué la proportion de leur temps
consacré aux tâches domestiques dans la
famille. De 70% du temps consacré par les femmes
en 1998, les hommes en sont maintenant à 60%
du temps consacré aux tâches par leur conjointe.
Pourtant,
rappelons qu'entre 1986 et 1998, les hommes avaient
fait bondir leur proportion des tâches domestiques
de 40 à 70% du temps consacré par les
femmes pour les mêmes tâches.
J'en
entends déjà qui se préparent à
crier à la régression, au retour de l'homme
absent, au macho aussi et au fait que les masculinistes
sont la cause de cette régression.
Respirons
calmement, par le nez.
Dans
les faits, en un peu plus de 20 ans, les hommes ont
augmenté significativement leur implication dans
les tâches domestiques passant de 40 à
60% des tâches assumées par les femmes.
Et rappelons qu'ils l'ont fait par obligation et non
pas par choix. Les hommes ont été confronté
au fait que les femmes ne voulaient plus assumer toutes
les tâches domestiques et qu'il aura donc fallu
redéfinir les tâches de façon
subite et drastique aux yeux des hommes.
L'homme du milieu des années '80 a subi les grands
changements familiaux. Aujourd'hui, je constate que
les hommes exigent d'être partie prenante des
grands changements qui se produiront dans leur vie.
En
2008, je vois des hommes réfléchir sur
les façons de développer leur
espace dans la famille plutôt que de se faire
imposer un espace dont les femmes veulent se débarasser.
Les hommes disent à cette société
qu'ils veulent bien prendre plus de place dans la famille,
mais ils ont besoin de le faire à leur manière.
Surtout pas comme un homme qui imite une femme
(l'homme rose d'alors). Est-ce que les hommes étaient
comblés, heureux et satisfaits de la façon
dont de nouvelles tâches leur ont été
cédées entre 1986 et 1998? Sûrement
pas tous, puisque des hommes ont décidé
de prendre du recul selon l'étude dont il est
question ici. La régression des 10 dernières
années en matière d'implication des hommes
me fait présumer que s'entame maintenant une
grande période de négociation homme/femme
en matière de redéfinition de la famille.
Des
hommes reculent -c'est clair- mais ils continuent à
revendiquer, à dénoncer et à
questionner. Ils ne sont plus passifs, ils veulent définir
eux aussi cette nouvelle famille et non plus se limiter
au rôle de spectateur des grands changements sociaux.
Et ils le font de façon remarquablement respectueuse
envers les femmes.
J'ai
espoir que dans à peu près 25 ans, les
tâches domestiques seront partagées de
façon équitables. Les hommes -et je le
réclame depuis maintenant 5 ans- doivent ltéralement
envahir l'espace familial pour s'épanouir
pleinement et par conséquent, améliorer
la situation de la famille. Pour ce faire, il faudra
toutefois dire aux pères qu'ils sont aussi importants
que les mères. Comment? En incluant une partie
paternité dans toutes les sessions prénatales.
Il faudra que toutes les Maisons de la Famille offrent
un volet de service spécifiques aux pères
et que le gouvernement finance enfin des maisons d'hébergement
père-enfant. Il faudra également que la
fête des pères soit célébrée
tout autant que la fête des mères dans
les familles du Québec. Êtes-vous convaincus
que le père est aussi important que la mère
pour un enfant? Dites-le haut et fort alors!
Tant
que les pères seront considérés
-inconsciemment- comme des sous-produits parentaux,
nous ne pourront pas faire passer les statistiques au
delà de la barre actuellement observée.
Plusieurs
ont commencé à agir, doucement, dans le
respect des femmes et des enfants.. J'ai en tête
des actions de géants comme Luc Ferland dans
la région de Lanaudière. Les recherches
d'un Carl Lacharité à Trois-Rivières,
l'implication sans limite d'un Yvon Lemay dans Hochelaga
Maisonneuve et de monsieur Villeneuve avec le Regroupement
pour la valorisation de la paternité à
Montréal. J'ai moi-même eu l'honneur d'être
coaché par deux bonhommes extraordinaires que
sont Daniel Lalonde et Guy André en Mauricie
qui ont fondé Papa pour la vie. Tout ce que ces
hommes ont fait pour la paternité depuis 20 ans...
me permet de faire les plus beaux rêves éveillés
pour les 25 prochaines années.
Alors
de grâce... respirons par le nez car les hommes
-les pères- ont besoin de se faire dire ce qu'ils
font de bien dans la vie de leur enfant. Aucune étude,
aucune statistique, pourra me faire perdre confiance
en ces hommes merveilleux -différents et plus
impliqués d'hier- qui m'entourent.
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