La
préhistoire achève /
10 septembre 2008
Je
n'aurais jamais cru qu'en regardant l'émission
110% à TQS je ressentirais un jour autant de
satisfaction.
La
vie apporte souvent de bien belles surprises.
C'est
à cette émission que je constate que les
hommes changent. C'est remarquable. Voilà quelques
années, nous pouvions y voir des panelistes dénoncer
les bagarres au hockey junior -avec beaucoup de retenue-
alors qu'hier soir même, j'y ai vu des invités
s'entendre sur le fait que c'est assez, que les bagarres
n'ont plus leur place dans la vie de nos jeunes hockeyeurs
mineurs.
Des
poings ont été jetés sur la table
à plusieurs reprises... pour que les bagarres
cessent. Un bravo particulier à Marc DeFoy (journaliste
sportif) qui a très clairement signifié
qu'il en avait assez des bagarres au hockey junior.
Enfin, des hommes publiques, des journalistes et des
athlètes assumant pleinement leur masculinité,
dénoncent les bagarres au hockey.
Je
sais maintenant que le jour où nous cesserons
d'utiliser nos jeunes hockeyeurs pour justifier, valoriser
et nourrir notre violence intérieure est proche.
Mais nous n'y sommes pas encore messieurs, plusieurs
d'entre-nous aiment encore voir des jeunes de 16 ans
se frapper à coups de poings.
Une
société ne peut pas bien se porter lorsque
des hommes aiment regarder ses jeunes hommes se battre
comme des enragés.
J'ai
longtemps aimé le hockey -c'était une
véritable passion pour moi- mais comme toute
passion, mon sentiment n'était pas réfléchit.
En analysant cette passion plus objectivement, je me
suis rendu compte que ce sport que j'adorais était
en fait une dangereuse caricature des coins sombres
de la masculinité. Une tribune déséquilibrée
pour assouvir une violence intérieure. Quand
j'ai commencé à remarquer les ti-bouttes
de 6 et 7 ans qui gueulent comme des animaux
dans les estrades pendant les bagarres de leurs idoles
et leurs pères qui vomissent des insultes aux
athlètes sans retenue, j'ai pris conscience que
ma passion ne méritait pas mon respect.
La
malheureuse réalité, c'est que le hockey
dit à nos ti-bouttes qu'il est parfaitement
acceptable -voire souhaitable- que des hommes se frappent
à coups de poings. Se battre au hockey est un
show valorisé, vendu. Pour trop d'hommes
impliqués dans le hockey, être capable
de se battre, c'est confirmer sa masculinité.
La préhistoire. Un garçon qui voudra devenir
un homme, se sentira obligé de se battre et celui
qui sera incapable de le faire se sentira moins qu'un
homme. Vous croyez que j'exagère? Essayez donc
de trouver un joueur de la ligue de hockey junior majeur
qui aura le courage de s'afficher contre les bagarres.
En le faisant, il sera traité de moumoune
(un moins qu'un homme pour bien des joueurs) et même
ses propres coéquipiers se retourneront contre
lui.
Un
garçon qui s'oppose aux bagarres ne pourra jamais
le dire tant qu'il jouera au hockey. Il mentira... se
mentira. Il deviendra un non-violent qui devra s'afficher
-et même devenir- violent pour continuer à
pratiquer sa passion. Sa passion exigera de lui qu'il
choisisse entre l'abandon de ses valeurs ou l'abandon
de son rêve. Le choix est facile lorsqu'on a 15
ans, il mettra ses valeurs de côté. C'est
ça l'influence actuel de notre sport national.
Dimanche,
j'ai assisté au match de football entre les Alouettes
et les Argonauts de Toronto. Pas de bagarre et un respect
remarquable face aux arbitres. Une foule équilibrée.
Un beau sport, respectueux des règles et véhiculant
une image propre et saine. Bien sûr que dans les
faits, des coups vicieux se donnent sur le terrain mais
lorsqu'ils sont vus, ils sont sévèrement
punis. D'aucune façon, le football valorise la
violence. Le football possède toutes les qualités
qui devraient en faire notre sport national, pourtant,
nous vénérons plutôt un sport qui
permet à ses athlètes de se frapper à
coups de poings.
Ce
que j'ai entendu à 110% me donne espoir, le hockey
peut devenir un sport crédible quand ses principaux
acteurs commencent à changer leur vision de la
violence, de la masculinité et pensent avant
tout (avant l'argent et aux gradins remplis) à
l'intégrité de nos jeunes garçons.
Je crois que nous sommes véritablement en train
de prendre conscience que nous devons cesser d'abuser
de nos garçons en leur disant qu'ils doivent
se battre pour devenir des hommes. La préhistoire
achève.
Ce
qui s'avère une véritable caricature,
c'est que les hommes, -les dirigeants de la ligue de
hockey junior majeur du Québec dans la situation
actuelle- doivent se faire dicter par une femme ce qu'il
faudra faire pour protéger nos garçons.
Vous
êtes pas tannés vous
autres que les femmes soient toujours celles qui entament
et imposent les grandes améliorations sociales?
Vous
êtes pas tannés messieurs de toujours
subir les grands changements sociaux au lieu de les
provoquer?
Madame
Courchesne, vous n'auriez jamais dû jouer votre
rôle actuel, mais puisque vous avez les couilles
plus grosses que monsieur Courteau...
Merci
d'avoir essayé de faire la job sale
à la place des hommes qui n'ont pas encore la
conscience et le courage pour agir.
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