Une
fondation qui amasse et distribue des fonds aux organismes
œuvrant pour aider nos frères, nos pères
et nos fils à vivre pleinement leur masculinité.
LA FONDATION POUR HOMMES, par et pour les hommes : j’ai
maintenant la conviction que c’est possible et
indispensable dans le Québec du IIIe
millénaire.
Je
suis le fier père de deux beaux garçons
en pleine santé. Ma conjointe est maman d’un
ado exemplaire, joueur émérite de basket
et humoriste à ses heures. Deux grands gaillards
tout aussi comiques que maladroits me servent de frères.
Un vieux père aux cheveux blanchis d’inquiétude
pour ses trois gars s’obstinant à me donner
quotidiennement ses conseils sur les aléas de
la vie est aussi à mes côtés. Et
pour rajouter un peu de piquant à cette drôle
de marmelade masculine qui m’entoure, quelques
bons amis ne demandant qu’un appel à tous
les quelques mois : Claude, Jean-Pierre, Richard, Dany,
Michel et Stef-le-gars-des-îles. Sans oublier
les copains, de près ou de loin.
Mais
il y a d’autres réalités. Plusieurs
hommes n’ont pas la chance que j’ai d’avoir
un entourage solide. Ne prenez personne en pitié,
ce n’est pas le but visé. Ce que je dis,
c’est qu’il est possible que certains n’aient
pas eu accès à des ressources, que d’autres
n’aient pas eu de parents ou de véritables
modèles, que des hommes n’aient simplement
pas pigé un bon numéro. Et alors ?
Pour démontrer combien l’existence de la
Fondation pour Hommes est devenue indispensable,
je tiens à écrire les propos de l’expérience
de vie qu’a vécue mon pote Poulot. Son
frère s’est enlevé la vie l’été
dernier, subitement, et sans en parler à personne.
En même temps mais loin parce que coincé
à Montréal dans une chambre d’hôtel,
j’ai au moins pu lui faire parvenir mes gants
de sparring avec lesquels je m’étais
préparé pour affronter Patrice L’Heureux
en combat de championnat. Mince consolation pour cet
ami, pour ce frère désemparé, pour
ce survivant. Que faire d’autre? Lui envoyer des
fleurs? Ça survit trois ou quatre jours et puis
après, c’est fini, ça sèche
-les gars me comprendront- les fleurs, ça meurt.
Mais support moral ou pas, il était démoli,
le Poulot, c’était pas des blagues, c’était
plus le bon vieux temps, comme quand on déconnait
à propos de tout et de rien. Là, c’est
son jumeau qu’on allait enterrer le lendemain.
Ce soir là, je lui ai parlé au téléphone,
mais je n’ai jamais osé lui demander ce
qui était arrivé, le pourquoi, le comment.
Parce que je crois que ça ne se demande pas vraiment,
et parce que de toute façon, ça ne servait
plus à rien. Ce dont Poulot avait vraiment besoin,
c’était de solidarité. Son frère
lui, aurait eu besoin d’aide.
-Dis-moi
Poulot, tu vas pas toi aussi faire une niaiserie? Promets-le
moi. T’es plein de qualités, Poulot.
Reste avec nous. On est avec toi. C’était
la réalité qui frappait, cette réalité
du suicide, beaucoup plus cruelle, beaucoup plus sournoise
qu’un coup de poing sur la gueule.
Les
gants, il les a encore aujourd’hui. Il m’a
dit hier soir combien il est fier de les avoir gardés,
qu’il les a accrochés au mur de sa chambre,
après l’enterrement, comme des reliques,
comme un symbole.
Petit
à petit, nombre de gars savent désormais
où s’adresser pour trouver de l’aide
quand vient le temps de le demander. Que ce soit lors
d’une dépression, d’une séparation,
ou lors de tout autre moment de détresse, il
y a de l’aide même si les ressources se
font encore trop rares. À la Fondation pour
Hommes, nous travaillons à trouver les moyens
pour offrir de tels services. Que ce soit pour un conseil,
de l’écoute ou de la solidarité,
les gars obtiendront un jour et bientôt, cette
aide de la Fondation pour Hommes et seront
référés aux organismes compétents.
En aidant ces hommes, nous aiderons par le fait même
ma mère, ton frère ou ta sœur, ses
enfants, notre société…
EN
TANT QUE PORTE-PAROLE DE LA FONDATION POUR HOMMES,
JE DIS : TRAVAILLONS ENSEMBLE, PARCE QUE LES GARS AUSSI
ONT BESOIN D’AIDE !